A Barnabé, ils sont venus croquer dans la madeleine

 Barnabé ouverture

Hier après-midi comme durant tout le week-end, la foule s’est pressée à Barnabé. PHOTO ARNAUD LOTH

 

BOULAZAC

La guinguette, rouverte depuis vendredi, n’a pas désempli. Beaucoup venaient se souvenir

 

THOMAS MANKOWSKI

t.mankowski@sudouest.fr

 

Barnabé a rouvert vendredi et avec, C’est la boite à souvenirs qui s’est étalée sur la mosaïque  classée. La guinguette de Boulazac n’a pas désempli du weekend. Foison de promeneurs franchissaient le mythique écriteau de style art déco, déambulant entre des tables prises d’assaut : « je venais avec mon Solex, quand j’avais 15-16 ans. On venait pour les copains, le bac, la piscine, les glaces. Mon père y jouait de temps en temps du saxophone et de la clarinette ››, partage Martine, accompagnée de son amie. Martine « Le prénom à la mode dans les années 50 ››, précisaient-elles hier dans un sourire. Leur génération n’a pas manqué ces retrouvailles. Ses représentants venaient, comme on va en pèlerinage, sur les lieux de leurs premières baignades, de leurs premiers bals, de leurs premiers flirts : « C’est très très fidèle à ce que c’était à l’origine. Et dans le même esprit ››, s’enthousiasme Micheline « Le bac manque il y avait le grand-père qui tournait la manivelle Et quand il n’était pas là, on tirait discrètement le câble cela ne coûtait pas grand-chose mais on était content de traverser sans payer.›› Elle doute d’y retrouver un jour l’ambiance de ses souvenirs adolescents. « C’était le rendez-vous des jeunes. Désormais on y verra beaucoup de personnes d’un certain âge qui viendront par nostalgie ››, croit-elle, consciente d’accompagner cette évolution. Des familles et des groupes d’amis, curieux de découvrir ce Barnabé dont ils ont tant entendu parler, se chargeaient de la contredire.

 

La ritournelle

«Tu te rappelles ›› a résonné ces trois derniers jours comme une ritournelle. Françoise ressuscite en ce dimanche ensoleillé l’équipe de water-polo, Jacqueline les parties de minigolf, Chantal le bowling. « Je venais y passer mes vacances. C’était mon océan ››, glisse Josette en jetant un œil vers la rivière. « C’était du temps de M. Dutard, lorsqu’il  était mon maire et mon instituteur. ››

L’exhumation se prolonge jusque sur les réseaux sociaux. Là, on y évoque les cours de natation de M. Jouan (la piscine s’est transformée en terrasse sur l’eau). Gabriel se souvient y avoir appris à nager dans le Périgueux occupé. Michelle, ancienne élève de Claveille, se rappelle les révisions du bac (les coquins aiment dire qu’eux aussi passaient le bac à Barnabé, mais pour se rendre aux Maurilloux). Lola se souvient de sa mamie qui l’y emmenait pour boire une limonade. Yveline y a rencontré son mari. Régis se remémore sa bande de copains et leurs arrivées pétaradantes en Flandria.

La restauration des lieux fait l’unanimité ou quasiment. L’attente, immense, ne pouvait que générer un embouteillage et plusieurs de ceux qui se sont attablés ce weekend confient avoir dû faire preuve de patience et d’indulgence. Nombre de attendent le passage de la première vague pour découvrir à leur tour le nouveau Barnabé, dans des conditions plus apaisées. Ces retrouvailles sont parties pour durer.

 

 

Un anniversaire en Cinémascope

CITÉ BEL AIR. Les fêtes du centenaire du quartier ont mis en scène les clichés de l’Amérique

Véhicules US

 

Avec des dizaines de maisons pavoisées de bannières étoilées pour décor et des véhicules militaires US un peu partout dans les rues, la Cité Bel Air a fêté son centenaire avec une Amérique de cinéma. Autour de la maison des associations et de Barnabé, les collectionneurs de matériel militaires se sont retrouvés pour assurer l’animation avec leurs Jeep, Dodge et autres GMC, partageant leur passion avec le public.

Dans un joyeux mélange d’uniformes, des poilus côtoyant des Gl’s, on était dans l’ambiance américaine, pas dans la rigueur historique. D’ailleurs, on a pu apprendre au cours des conférences et même dans le livre d’histoire du quartier publié par Pascal Serre que la construction du camp américain n’avait débuté qu’en 1918. Ces jours ci on a donc commémoré l’entrée en guerre des États-Unis en 1917…

 

Partout dans le quartier, les collectionneurs de véhicules

militaires américains étaient de sortie. PHOTO H.C.

 

 

L’hommage aux Américains

Les bénévoles de l’association des Amis de Bamabé et la Ville de Boulazac ont réussi leur pari de mettre un gros coup de projecteur sur ce quartier populaire en pleine rénovation. Le calendrier a bien fait les choses, avec la réouverture de la guinguette de Barnabé (lire ci-dessus).

Parmi les autres grands moments de ces commémorations, il y eut l’inauguration de la stèle d’hommage aux soldats américains (place ]oliot Curie), avec le consul des Etats-Unis et la préfère, la soirée cinéma en plein air avec « Cessez-le-feu ››, les conférences de bon niveau, les superbes expositions dans la maison des associations, la foule pour la fête de l’été, le premier feu d’artifice sur le stade du quartier et le banquet de gala avec plus de de 300 personnes. Ces fêtes ont retissé des liens entre voisins et anciens. On s`en souviendra longtemps dans le quartier.

 

Hervé Chassain

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