Daniel Hall a découvert le quartier de Boulazac qui abritait un camp militaire créé en 1917

 

Il y a la rue du Texas, celles de Louisiane, de Floride, du Maryland et même de Chicago. Ce n’est pas un hasard si la Cité Bel Air, ce secteur de Boulazac enclavé dans Périgueux, a autant de références à l’Amérique. Hier après-midi, Daniel E. Hall, le consul des États-Unis à Bordeaux, est venu visiter ce quartier qui est né d’un camp américain de la Grande Guerre, construit en 1917 pour accueillir à l’arrière des soldats blessés ou au repos.

L’association des Amis de Barnabé, du nom de la fameuse guinguette du quartier, prépare en effet avec la commune une grande fête pour le centenaire de ce camp. Une manifestation qui a été labellisée à la fois par les commissions française et américaine de la commémoration de la Première Guerre mondiale.

 

 

«Importante et émouvante»

Le consul Daniel E. Hall se sent d’ailleurs doublement concerné par cette histoire, son grand-père, originaire du Texas, ayant participé à cette guerre en France. Il trouve cette mémoire «importante et émouvante, surtout dans un quartier où il reste des traces». Il a aussi profité de sa venue pour visiter la Sobéval, qui exporte désormais de la viande aux États-Unis, et rencontrer des collégiens pour parler de son pays. Il a même dû répondre avec finesse à des questions sur le président Donald Trump. Et il a parlé de l’importance «de l’amitié franco-américaine qui perdurera».

 

Drapeaux et Jeeps

L’association de quartier que préside Francis Desage a assuré la visite, avec Alain Bordas comme guide, pour présenter les bâtiments de cette époque: les maisons construites avec des panneaux préfabriqués de béton au mâchefer sur des socles de ciment et de galets. Il en reste moins d’une quarantaine, a expliqué le guide. Il reste aussi la chapelle, qui n’accueille plus de messes depuis des années, et le bâtiment aujourd’hui transformé en maison de quartier. Les habitants ont aussi présenté leur fierté, la guinguette de Barnabé, que la mairie est en train de rénover de fond en comble (pour 1,5 million d’euros) pour la confier à un restaurateur. Elle ne sera pas ouverte pour les fêtes du centenaire (du 20 au 25 juin), mais devrait pouvoir accueillir les réceptions et les animations. Pour la fête, les habitants seront invités à pavoiser avec drapeaux français

et américains, des collectionneurs de véhicules militaires anciens sillonneront les rues et il y a aura aussi de la musique façon big-band et un livre de souvenirs. Ce sera un beau centenaire.

 

 

logo_soHervé Chassain